Les principaux troubles de la vue

Quatre défauts optiques concernent la grande majorité des porteurs de lunettes. Ce ne sont pas des maladies : ce sont des questions de proportions, un œil légèrement trop long ou trop court, une cornée un peu ovale, un cristallin qui se rigidifie. Tous se corrigent.
La myopie
Le myope voit net de près et flou de loin. L'œil est trop long par rapport à sa puissance optique, si bien que l'image se forme en avant de la rétine au lieu de se former dessus.
Elle apparaît le plus souvent pendant l'enfance ou l'adolescence, évolue tant que l'œil grandit, puis se stabilise généralement vers vingt-cinq ans. Les signes classiques sont le fait de plisser les yeux, de se rapprocher du tableau ou de l'écran, et de ne plus lire les plaques d'immatriculation.
La correction se fait par des verres concaves, notés en dioptries négatives. La myopie progresse nettement dans le monde entier depuis deux décennies, une évolution que les études associent au temps passé en intérieur et à la vision de près prolongée. Le temps passé dehors est le facteur protecteur le mieux documenté chez l'enfant.
L'hypermétropie
C'est la situation inverse : l'œil est trop court, l'image se forme théoriquement en arrière de la rétine. Le trouble est trompeur, parce qu'un œil jeune compense en permanence par l'accommodation, ce réflexe qui déforme le cristallin pour rétablir la netteté.
Résultat, un hypermétrope léger voit souvent bien, mais paie cette compensation par des maux de tête, une fatigue en fin de journée, une gêne à la lecture prolongée, parfois une sensation de picotement. Chez l'enfant, une hypermétropie non corrigée peut favoriser un strabisme.
La correction utilise des verres convexes, en dioptries positives. Avec l'âge, la capacité d'accommodation diminuant, une hypermétropie longtemps silencieuse devient franchement gênante.
L'astigmatisme
Ici le problème n'est pas la longueur de l'œil mais la forme de la cornée. Au lieu d'être sphérique comme une bille, elle est légèrement ovale comme un ballon de rugby. La lumière n'est donc pas focalisée en un point unique mais sur plusieurs axes.
L'astigmate voit les contours légèrement dédoublés ou déformés, de près comme de loin. Il confond facilement certaines lettres ou chiffres proches, le 8 et le 0, le H et le M. La gêne s'accompagne souvent d'une fatigue visuelle, parce que l'œil cherche en permanence une netteté qu'il n'atteint pas.
La correction fait appel à des verres cylindriques, orientés selon un axe précis indiqué en degrés sur l'ordonnance. L'astigmatisme se combine très fréquemment à une myopie ou à une hypermétropie.
La presbytie
Ce n'est pas un défaut optique mais une évolution normale. À partir de quarante à quarante-cinq ans, le cristallin perd progressivement sa souplesse et l'œil n'accommode plus assez pour la vision de près.
Le symptôme est universellement reconnaissable : on tend le bras pour lire, on cherche plus de lumière, les petits caractères deviennent pénibles en fin de journée. La presbytie touche tout le monde, y compris les myopes, qui découvrent alors qu'ils voient mieux de près en retirant leurs lunettes.
Les solutions vont des simples lunettes de lecture aux verres progressifs, qui font cohabiter plusieurs corrections sur un même verre, en passant par les verres dégressifs conçus pour le travail sur écran.
Lire son ordonnance
Les mentions OD et OG désignent l'œil droit et l'œil gauche. La première valeur, précédée d'un signe moins ou plus, correspond à la sphère : négative pour une myopie, positive pour une hypermétropie. La deuxième, notée entre parenthèses et suivie d'un angle, correspond au cylindre et à l'axe de l'astigmatisme. La mention Add indique l'addition pour la vision de près, propre à la presbytie.
La durée de validité dépend de l'âge au moment de la prescription : cinq ans entre 16 et 42 ans, trois ans au-delà de 42 ans. Pour les enfants, elle est plus courte et l'opticien n'est pas autorisé à adapter la correction seul.
Au-delà des défauts optiques
Une correction ne règle pas tout. La cataracte, opacification du cristallin, touche massivement après soixante-dix ans et se traite chirurgicalement. Le glaucome détruit lentement le nerf optique sans douleur ni symptôme précoce. La dégénérescence maculaire liée à l'âge atteint la vision centrale et déforme les lignes droites. La sécheresse oculaire, très banale, provoque picotements et vision fluctuante.
Ces affections ne se détectent pas en essayant des lunettes : elles supposent un examen médical, ce qui reste le meilleur argument en faveur d'un contrôle périodique.